In Memoriam : Djamba Albert Watto (1941-2026)

C’est avec une profonde émotion que nous apprenons, en ce début d’année, le rappel à Dieu de notre cher ami et frère, Albert Watto.

Figure emblématique de notre mission, Albert a servi avec dévouement en tant que membre du Conseil d’administration de Radios Ébène Développement, l’une des entités fondatrices de Médias Ébène. La reconnaissance de son engagement indéfectible devait être solennellement actée lors de notre Assemblée Générale du 15 mars prochain, date à laquelle il devait être nommé Président d’honneur de notre association.

Pionnier et artisan infatigable du soutien aux médias chrétiens en Afrique francophone, nous lui devons un héritage précieux. Dès 1977, aux côtés de Charles Guillot, il initiait des formats d’émissions holistiques et novateurs, spécifiquement pensés pour s’incarner dans la réalité des auditeurs africains.

Pour honorer sa mémoire et son œuvre, nous republions aujourd’hui le témoignage écrit par Charles Guillot sur son ami et compagnon de route. Ce document est disponible en intégralité au format PDF au bas de cette page.

Arrivé en France en janvier 1976 après avoir été instituteur au Congo-Kinshasa (Zaire), Djamba Albert Watto est animé par la volonté de servir le Seigneur. Il s’intègre rapidement aux réseaux missionnaires, fréquentant l’église évangélique de Nation aux côtés d’Alain Choiquier et collaborant avec les équipes de Radio Cordac.

Collaboration et amitié avec Charles Guillot

Sa rencontre déterminante avec Charles Guillot en 1977, lors de la Convention Chrétienne des Cévennes, aboutit à une collaboration fructueuse. Ils conçoivent d’abord « Radios Villages », un projet novateur visant à toucher les populations rurales par des contes, de la musique et des thèmes pratiques. Cependant, ce projet échoue face au conservatisme de l’époque, qui refuse les programmes ne consistant pas en de stricts exposés bibliques.

Loin de renoncer, ils lancent « Le défi de l’Afrique », produit par TWR. Ce programme se distingue par son approche humaniste : ne pouvant distribuer de l’aide matérielle, l’émission offre conseils et directives aux auditeurs démunis. Enregistré pendant cinq ans entre une église baptiste parisienne et les studios de Monaco, le programme est diffusé par plus de 50 émetteurs. Le succès repose sur le concept d’un « Africain qui parle aux Africains », utilisant proverbes et saynètes pour ancrer le message biblique dans la réalité culturelle.

Albert Watto, formateur

Sur le plan de la formation, Watto identifie un besoin crucial chez les pasteurs des églises issues de l’immigration : le manque de bagage théologique. Il crée alors le DEPAF (Département Africain de Missiologie) à l’Institut Biblique de Nogent-sur-Marne. Pendant 17 ans, cette structure dispense des cours le samedi pour professionnaliser le ministère pastoral. Cette vision évolue ensuite avec la création de l’Institut Baptiste Afro Caribéen (IBAC) au Blanc-Mesnil, fondé avec le pasteur Luc Saint Louis.

De gauche à droite: Mawuena Abotchi et Juliette Kpessou membres du Leadership de FOMECAF, Albert Watto et son fils Odingha, août 2024 lors de la Conférence internationale de l’entente et Coordination des Œuvres Chrétiennes (ECOC) à Cotonou.

Enfin, pour unifier ces communautés dispersées, il met en place l’ECOCE (Entente et Coordination des Œuvres Chrétiennes), qui fédère aujourd’hui 70 églises dans une fraternité spirituelle. Son engagement se poursuit également en tant que vice-président du conseil d’administration de Radios Ebène Développement.

Lire le témoignage de Charles Guillot au sujet d’Albert Watto (PDF) :