Afrique francophone

L’Afrique francophone désigne tous les États d’Afrique ayant la langue française en partage. Cela inclut plus de 18 pays contigus où le français est utilisé comme langue officielle et/ou véhiculaire. Ces pays s’étendent sur un immense territoire, représentant près de la moitié du continent africain, soit environ 5000 kilomètres du nord au sud et environ 4000 kilomètres d’est en ouest (de Tanger au nord du Maroc à Lubumbashi au sud de la RDC). En 2018, on estimait à environ 140 millions le nombre de francophones africains dans 31 pays et territoires d’Afrique francophone. Le français est arrivé en Afrique avec la colonisation par la France et la Belgique, et ces francophones d’Afrique forment maintenant la partie la plus importante de la Francophonie. N’hésitez pas si vous avez besoin d’autres informations ! 😊

Alors que la province de l’Ituri fait face à une résurgence d’Ebola, la panique et l’incertitude s’installent en République démocratique du Congo. Pour la Radio-Télévision Évangile Réconciliation (RTER) à Nyakunde, la course contre la montre a commencé. Entretien exclusif avec son directeur, Jean-Luc Simbilyabo, qui oppose la sensibilisation et la foi chrétienne au fatalisme ambiant.

Le bilan officiel communiqué ce 18 mai 2026 par le ministre de la Santé et relayé par Radio Okapi est alarmant : la province de l’Ituri franchit la barre des 350 cas suspects, dont 91 décès probables. L’urgence est redoublée par un défi médical majeur : l’épidémie est causée par la souche Bundibugyo, une variante pour laquelle il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement homologué.

À Nyakunde, la population locale, déjà meurtrie par les exactions des groupes armés, doit désormais affronter ce fléau. Au micro, Jean-Luc Simbilyabo raconte la double ligne de front d’une radio communautaire chrétienne.

Interview exclusive

Emmanuel Ziehli : Jean-Luc, quelle est l’ambiance générale à Nyakunde depuis l’annonce officielle de l’épidémie le 15 mai ? Sent-on la panique monter ?

Jean-Luc Simbalibabo : Depuis l’annonce, la population navigue entre une vigilance accrue et une profonde inquiétude. Les habitants tentent d’écouter les consignes médicales, mais nous devons faire face à une vague massive de fausses rumeurs. Au début, les gens ont cru à un canular ou à une fake news, notamment après des incidents survenus dans la région minière de Mongwalu où un cercueil avait été brûlé. Mais aujourd’hui, la réalité est là, et la peur s’installe.

EZ : Pouvez-vous nous préciser quelle est la situation et le bilan actuel à l’hôpital de Nyakunde ? On parle également de l’infection d’un missionnaire américain.

JLS : La situation à l’hôpital de Nyakunde, qui est juste à côté de notre station, est très préoccupante. Au moment où nous sommes en contact, le bilan est de 12 cas enregistrés, dont 4 cas graves testés positifs qui sont actuellement placés en isolement. La panique a augmenté d’un cran avec la confirmation de l’infection du docteur Peter, un médecin missionnaire de nationalité américaine. Il vit ici avec sa famille depuis plus de trois ans et travaille principalement aux urgences. Il a reçu un patient venu de Bunia qui est malheureusement décédé. Le docteur Peter ne savait pas que ce malade souffrait d’Ebola. Ce matin, son état de santé s’est gravement dégradé et il a été placé sous haute surveillance.

EZ : Cette souche Bundibugyo n’a pas de vaccin disponible. Comment les gens réagissent-ils à cette absence d’outils médicaux classiques ?

JLS : Les gens ont la peur au ventre. Ils essaient tant bien que mal d’appliquer les mesures préventives : lavage des mains, utilisation de cendres en guise de désinfectant, ou de savon et de gel quand ils en ont les moyens. Mais c’est un déchirement culturel. La population congolaise aime profondément se saluer, se serrer la main, être ensemble. Pour beaucoup, s’ajouter cette contrainte alors que nous subissons déjà le joug des rebelles de l’ADF, c’est perçu comme une punition de plus.

EZ : Justement, comment votre radio chrétienne adapte-t-elle ses programmes pour lier la foi aux consignes de prévention ?

JLS : À la RTER, nous avons renforcé nos émissions. Nous associons systématiquement les messages bibliques d’espérance à des consignes sanitaires très pratiques (isolement, hygiène, prudence dans les rassemblements). Le gouvernement n’a pas interdit les cultes pour l’instant, mais nous martelons une vérité essentielle sur nos ondes : la foi et la prévention marchent ensemble.

Radio-Télévision Évangile Réconciliation (RTER) à Nyakunde
Radio-Télévision Évangile Réconciliation (RTER) à Nyakunde

EZ : Toucher aux rites funéraires traditionnels est un sujet délicat pour les familles. Quels arguments utilisez-vous à l’antenne ?

JLS : C’est un grand défi pastoral. Nous expliquons que le corps physique n’est qu’une enveloppe et que refuser de toucher la dépouille d’un proche mort d’Ebola est un acte de protection pour les survivants. Nous travaillons main dans la main avec les serviteurs de Dieu. Grâce à un groupe WhatsApp de soutien face aux rebelles, nous mobilisons une trentaine de pasteurs locaux. Ils interviennent à l’antenne pour inciter les églises à adapter les pratiques : prier pour les malades à distance, sans imposition des mains, et stopper les salutations tactiles.

« En nous appuyant sur l’épître aux Romains (14:13), nous expliquons à l’antenne qu’enterrer dignement nos morts tout en protégeant les vivants contre la contagion est le plus grand acte d’amour et de foi que l’on puisse poser. » – Jean-Luc Simbilyabo

EZ : Le ministre de la Santé vient d’apporter 5 tonnes de matériel à Bunia avec l’OMS, mais la région compte des centaines de milliers d’habitants. Quelle est la réalité de cet approvisionnement chez vous ?

JLS : Cinq tonnes pour une telle population, c’est une goutte d’eau dans l’océan. Sur le terrain, l’aide internationale est freinée, notamment par l’arrêt des financements d’USAID, ce qui a un impact catastrophique. Dans les officines, les prix des masques et du chlore ont doublé, voire triplé. La population est asphyxiée. Les gens n’ont même plus accès à leurs champs car les djihadistes de l’ADF leur réclament une taxe de 10 dollars par mois pour aller cultiver ! La radio reste le seul repère gratuit et accessible pour les guider.

EZ : Malgré les crises à répétition en Ituri, vous continuez à tenir bon, et vous préparez même la relève avec votre fils. Où puisez-vous, personnellement, cette force et cette résilience pour guider vos auditeurs à travers cette nouvelle tempête ?

JLS : Je dis avec l’apôtre Paul : « Je puis tout par celui qui me fortifie », c’est Jésus-Christ. Ce n’est pas facile, tu vois… Je passe énormément de temps dans la prière, avec la profonde conviction que Dieu ne peut jamais nous abandonner quand nous sommes dans son champ, dans sa mission. Il nous a appelés pour cela, et nous sommes là pour aller de l’avant. La présence de mon fils à mes côtés me fortifie énormément. Elle me donne l’espérance qu’un jour, il pourra m’aider et prendre le relais dans cette lourde tâche, si le Seigneur tarde à venir.

« La présence de mon fils à mes côtés me fortifie et me donne l’espérance qu’un jour, il pourra prendre le relais dans cette lourde tâche. » – Jean-Luc Simbilyabo

EZ : Quel est votre appel le plus pressant aujourd’hui pour le réseau de solidarité internationale (Médias Ébène, FOMECAF, AbR) qui vous soutient ?

JLS : Priez pour nous, et soutenez-nous sur le plan logistique. Nos six batteries gel pour l’émetteur sont totalement usées après cinq ans de services. Elles se déchargent très vite dès que le soleil se couche. Nous sommes alors obligés d’allumer le générateur, mais le prix du gasoil a explosé. Nous avons un besoin urgent de remplacer ces six batteries pour rester sur les ondes, car avec le confinement qui s’annonce et la fermeture probable des églises, la radio va devenir le seul et unique endroit où la population pourra chercher le réconfort, la prévention et la vérité.


Sources de l’article

Source institutionnelle : Alertes épidémiologiques des Autorités Régionales de l’Ituri.

Source officielle : Ministère de la Santé de la RDC & Dépêche de Radio Okapi – 18 mai 2026

Source de terrain : RTER Nyakunde – Témoignage exclusif de Jean-Luc Simbilyabo.

Médias Ebène lance une souscription pour les besoins urgents de la Radio-Télévision Évangile Réconciliation (RTER) à Nyakunde, précisions mention urgence Ituri

Médias Ebène | CIC Morteau
IBAN FR76 3008 7331 4800 0205 9540 125

L’année 2026 s’ouvre sous une dynamique forte. Le succès du récent séminaire d’Abidjan a confirmé le rôle vital des médias confessionnels comme remparts face au radicalisme. Pour pérenniser cet élan, votre soutien est essentiel.

Notre programme 2026 est ambitieux : en septembre, un séminaire au Tchad avec Africa by Radio (AbR) renforcera la collaboration continentale. Nous prévoyons une tournée technique auprès d’une quarantaine de radios et, en point d’orgue, le séminaire « Lomé 6 » réunissant 100 acteurs de 15 pays. Au quotidien, Médias Ébène offre un appui stratégique constant aux 200 médias du réseau FOMECAF.

Réaliser ces missions exige un budget de fonctionnement de plus de 100 000 €. Ce montant, qui exclut le salaire de notre envoyé, est vital pour poursuivre l’héritage de Radio Réveil et de Radios Ébène Développement, débuté en Afrique dès 1960, afin de sauvegarder des décennies de labeur précieux sur le continent.

Emmanuel Ziehli, pour une « radio intégrale »

Envoyé depuis 16 ans, Emmanuel Ziehli prône une mission holistique : la « radio intégrale ». Ici, le message spirituel s’accompagne d’une réponse aux besoins concrets des populations touchées. Son emploi est sécurisé en Suisse par la SMG à Winterthour, mais son salaire n’est pas encore intégralement couvert. Votre appui direct est donc crucial pour la mission

Dix ans après la tentative de Daech au Moyen-Orient, l’Afrique subsaharienne est le nouvel eldorado djihadiste. Les groupes affiliés à al-Qaïda (JNIM) et à l’État islamique (EIGS) intensifient leurs offensives au Niger, au Mali et au Burkina Faso. Ce rempart géographique cède la place à un projet de califat sahélien. La stratégie terroriste évolue : des zones rurales, les groupes passent à l’encerclement des centres urbains et menacent le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire, selon un scénario rappelant la chute de l’Afghanistan.

Cette crise sécuritaire se double d’une fracture sociale profonde. La culture de tolérance locale est brisée par des divisions ethniques et religieuses délibérément exacerbées. Les communautés chrétiennes sont des cibles privilégiées, confrontées au choix tragique entre conversion forcée ou mort. Le drame de Silgadji (assassinat d’un pasteur au Burkina Faso) en 2019 a marqué le début d’une persécution systématique : régions vidées de leurs minorités, églises fermées et taxes discriminatoires. L’Afrique subsaharienne est désormais la zone de persécution religieuse la plus aiguë au monde.

Légende de l’image: djihadiste à Tombouctou, crédit Wikimedia Common CC BY-SA 4.0

Malgré ce chaos — incluant 2 millions de déplacés au Burkina Faso —, la crise manque de visibilité en Occident. Pourtant, l’instabilité du Sahel menace la sécurité globale en alimentant les routes migratoires et les trafics vers l’Europe. Pour contenir cette bascule, une refonte des politiques étrangères est urgente. Une approche globale doit s’appuyer sur les organisations confessionnelles locales et leurs médias de proximité. Grâce à leur ancrage social, ces acteurs sont des piliers indispensables pour l’information, l’éducation et la médiation communautaire. La reconstruction durable ne pourra se faire sans ces voix du terrain.

Illia Djadi, expert en sécurité et liberté religieuse (Open Doors International). Membre de Médias Ébène et du leadership de FOMECAF, réseau des radios panafricaines.

La province de l’Ituri, en République Démocratique du Congo, traverse une crise sécuritaire et humanitaire d’une ampleur alarmante. Entre le 28 et le 31 mars 2026, les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont multiplié les incursions sanglantes, verrouillant les axes routiers et plongeant le territoire de Mambasa dans l’effroi.

Un bilan humain et des enlèvements massifs

Le week-end du 28 au 29 mars a marqué un tournant dans la violence sur l’axe Mambasa-Komanda. Selon Radio Okapi, les incursions ont débuté à Babungwe avant de frapper Lomalisa, où les assaillants ont tiré en l’air pour capturer les villageois. L’activiste des droits humains John Vuleverio, cité par le média, avance le chiffre terrifiant de 388 civils pris en otage.

L’horreur ne s’arrête pas à la capture. Des sources locales citées par ituri.cd et la CODEPEF rapportent que « certaines victimes auraient été exécutées, leurs corps restant abandonnés sur place sans sépulture » dans la forêt de Bakwanza. Cette situation a entraîné la fermeture de plus de dix structures de santé, privant des milliers de personnes de soins vitaux.

Une économie et une mobilité paralysées

Le lundi 30 mars, une nouvelle attaque a frappé l’axe Mambasa–Bunia, à hauteur de Muchanga. Maître Laurent Kyeya, coordonnateur de la CODEPEF (Convention pour le développement des peuples forestiers), dresse un constat d’une gravité extrême : « Sur les sept chefferies que compte le territoire de Mambasa, la majorité est actuellement sous menace des rebelles ADF. Cette insécurité affecte plusieurs axes routiers importants, notamment Mambasa–Nduye, Mambasa–Kisangani et Mambasa–Beni. »

Comme le souligne RFI, cette stratégie de terreur vise directement les usagers de la route et les agriculteurs. Dans les localités de Makokolo ou Mandima, les habitants n’osent plus accéder à leurs champs, ce qui compromet gravement la production agricole. Les conséquences sont immédiates : déplacements massifs de populations vers le centre de Mambasa et paralysie totale des activités socio-économiques.

Le témoignage de la résilience

Interrogé sur cette situation, Jean-Luc Simbilyabo, directeur de la RTER (Radio Télé Évangile Réconciliation) à Nyakunde, livre un message de force et de foi :

« Les attaques répétées sur l’axe Mambasa–Komanda rappellent la souffrance silencieuse de milliers de familles qui vivent entre peur et espérance. Pourtant, au milieu des cendres, la foi demeure vivante : les chrétiens continuent à prier, à servir et à témoigner. Nous pouvons soutenir cette mission par la prière, par la diffusion de ces témoignages et par un appui concret aux radios locales qui portent la voix de la vérité et de la paix. Comme il est écrit : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue » (Jean 1:5). »


Appels à une intervention d’envergure

Face à l’urgence, la société civile et les médias tels que Yahoo News (AFP) relaient l’exigence d’opérations militaires de grande envergure. « La protection des civils est une obligation fondamentale de l’État », martèle John Vuleverio. Si l’administrateur assistant du territoire, le colonel Maxime, appelle au calme et assure que « les opérations militaires se poursuivent », la population attend des résultats tangibles pour sécuriser les routes et libérer les captifs.

Solidarité : Médias Ébène apporte tout son soutien aux radios chrétiennes membres du FOMECAF implantées dans la région, en particulier la radio RTER à Nyakunde, qui demeure un phare d’espérance indispensable dans la tourmente.

Nouveaux développements : le chantage aux rançons

Selon une mise à jour de la RTCR ce 2 avril, suite à l’incursion à Muchanga (axe Mambasa-Bunia), les ravisseurs ont franchi une nouvelle étape dans l’horreur. Les rebelles exigent désormais une rançon de 10 000 USD pour libérer une partie des otages capturés le 30 mars. Ce chantage financier accentue le désespoir des familles déjà privées de leurs moyens de subsistance, alors que l’accès aux champs est devenu impossible à Makokolo ou Mandima.

Sources
Sources locales et directes
  • CODEPEF (Convention pour le développement des peuples forestiers) : Rapport de Maître Laurent Kyeya sur l’insécurité dans le territoire de Mambasa (30-31 mars 2026).
  • RTER (Radio Télé Évangile Réconciliation ) : Entretien exclusif avec Jean-Luc Simbilyabo, Directeur de la station à Nyakunde (1er avril 2026).
Autorités de Référence
  • Administration Territoriale de Mambasa : Déclarations du Colonel Maxime, administrateur assistant, relatives aux opérations militaires en cours.

Dans le cadre d’une émission exceptionnelle à portée nationale et dépassant tous les clivages religieux, Emmanuel Ziehli s’exprime au micro de quatre figures majeures du paysage médiatique ivoirien. Entouré d’Étienne Saï (CEFCA), Kassim Traoré (TV et Radio Hosanna), Niomouti Samuel (Radio Fréquence Vie) et Justin (Radio Nationale Catholique – RNC), il livre un entretien exclusif au carrefour de toutes les confessions. Un rendez-vous médiatique unique pour aborder les enjeux actuels du pays dans un esprit de dialogue et de fraternité.

Le média de la « dernière borne »

Malgré l’omniprésence des réseaux sociaux, la radio demeure le média roi en Afrique. Pourquoi ? Parce qu’elle est la seule à franchir les obstacles de l’analphabétisme et à atteindre les campements les plus isolés. Comme le souligne Emmanuel Ziehli, elle n’est pas qu’un simple récepteur de sons ; elle est un « compagnon de route » qui parle directement au cœur et à l’intelligence de l’auditeur, là où les autres écrans s’éteignent.

Professionnalisme et éthique : le défi de la qualité

L’un des messages forts de ce séminaire d’Abidjan est l’appel à la professionnalisation. Pour l’invité de la rédaction, l’engagement ne doit pas faire l’économie de la compétence.

  • Sortir de l’amateurisme : Produire des contenus rigoureux et vérifiés.
  • L’éthique au micro : Dans des contextes parfois fragiles, la radio a le pouvoir de construire la paix ou d’attiser les tensions. Le choix de FOMECAF est clair : la radio doit être un vecteur de réconciliation et d’éducation.

« Chaque micro ouvert est une responsabilité. Nous ne diffusons pas seulement des ondes, nous diffusons de l’influence. » — Emmanuel Ziehli

Le virage numérique : l’alliance de la FM et du Web

Le séminaire aborde également la mutation technologique. Loin de s’opposer à Internet, la radio africaine d’aujourd’hui s’appuie sur le digital pour étendre son écho. Podcast, streaming et réseaux sociaux deviennent les alliés de la bande FM pour toucher une jeunesse ultra-connectée, sans pour autant abandonner les auditeurs traditionnels.

Une synergie Nord Sud pour demain

Le FOMECAF 2026 n’est pas qu’un lieu d’apprentissage, c’est un espace de partage. L’expertise technique rencontrant la réalité du terrain africain crée une dynamique unique. L’objectif final ? Que chaque station de radio devienne un véritable acteur du développement local, traitant de santé, d’agriculture et de citoyenneté avec une voix forte et crédible.

Dernière étape de notre mission de plusieurs jours au Togo : la ville de Notsé, située à 100 km au nord de la capitale, Lomé. C’est ici que nous sommes allés à la rencontre des équipes de la radio Moisson Finale.

Au plus près des équipes et des auditeurs Cette visite de terrain a été l’occasion d’échanges riches et constructifs. Nous avons pu nous entretenir avec la direction et les équipes techniques et journalistiques qui font vivre la station au quotidien.

Afin de mieux mesurer l’impact de la radio dans la région, nous avons également réuni un panel d’auditeurs. Leurs témoignages précieux nous ont permis de comprendre concrètement le rôle essentiel que joue Moisson Finale dans leur vie de tous les jours.

Un soutien concret pour l’avenir Pour saluer le travail accompli et encourager les équipes à poursuivre leur développement, nous n’allions pas repartir les mains vides : nous avons eu la joie de leur remettre du matériel de studio. Un petit coup de pouce technique pour continuer à produire des émissions de qualité !

Au cœur de la région centrale du Togo, la ville de Sokodé se distingue par son identité forte : carrefour commercial majeur, elle est aussi l’un des principaux foyers de l’islam dans le pays. C’est dans ce contexte géographique et religieux singulier que la délégation du FOMECAF et de Médias Ébène a fait escale pour soutenir Radio Albarka.

Accueillis avec une chaleur exceptionnelle par Elisabeth Koudjoukalo, directrice de la station, et toute son équipe (journalistes, techniciens), les émissaires ont pu constater la résilience de ce média. Évoluant dans un paysage radiophonique dominé par des stations confessionnelles musulmanes, Albarka s’impose par la qualité de ses programmes et son message de paix.

Le quotidien de la radio reste cependant un combat. Entre un approvisionnement électrique capricieux et le poids des taxes de diffusion, les obstacles sont nombreux. Pourtant, grâce à la gestion rigoureuse et visionnaire d’Elisabeth, la station tient bon. Pour soutenir cet élan, la délégation a procédé à la remise d’une nouvelle table de mixage, équipement vital pour moderniser le studio et assurer la pérennité des émissions.

Radio Albarka prouve qu’avec de la détermination et une gestion saine, un média chrétien peut non seulement survivre, mais rayonner durablement en Afrique francophone.

Une délégation du FOMECAF et de Médias Ébène a effectué une visite stratégique à Radio Réveil à Bassar (Togo). Si l’émotion liée à la disparition du fondateur reste présente, l’objectif était résolument tourné vers l’avenir et la pérennité de cet outil de communication essentiel.

Le point fort de cette mission a été le renforcement matériel de la station. Un don crucial, notamment une nouvelle table de mixage, a été remis à l’équipe technique. Cet équipement moderne vise à garantir une meilleure qualité de diffusion et à sécuriser la continuité du signal pour les auditeurs de la région.

Parallèlement, une évaluation approfondie de la « santé » de la radio a été menée. Les experts ont analysé la grille de programmation et la qualité des contenus. Le constat est encourageant : la radio jouit d’une vitalité sociale exceptionnelle. Le témoignage d’un enseignant musulman, désormais contributeur régulier aux programmes, illustre parfaitement la réussite éditoriale de la station : elle a su devenir un média citoyen et inclusif.

Cette visite technique et humaine confirme que Radio Réveil, malgré les épreuves, dispose des atouts nécessaires pour poursuivre sa mission de service et de cohésion au Togo.

Pontarlier, le 9 février 2026 – À l’initiative du FOMECAF (Forum des Médias Chrétiens d’Afrique Francophone), et à l’occasion de la Journée Mondiale de la Radio, un webinar exceptionnel se tiendra le vendredi 13 février. Ce rendez-vous stratégique réunira les acteurs majeurs de la radiodiffusion pour explorer une thématique d’actualité : « L’IA, un levier de développement pour la radio de proximité. »

L’IA : Un assistant, pas un remplaçant
Loin des craintes d’un remplacement des journalistes par des robots, cette conférence vise à démontrer comment l’Intelligence Artificielle (IA) peut devenir un allié stratégique pour les stations africaines. Face aux défis techniques, financiers et d’infrastructure, l’IA offre des solutions concrètes pour libérer du temps éditorial et améliorer la qualité sonore.

Deux experts pour une vision à 360°
Pour guider cette réflexion, le FOMECAF réunit deux regards complémentaires :

Jonathan Darboux (Bénin) : Spécialiste des solutions technologiques en contexte africain. Il détaillera les outils permettant d’optimiser la production, même avec une faible bande passante.
Emmanuel Ziehli (Suisse) : Expert international en médias. Il apportera son éclairage sur la préservation de l’éthique et de la chaleur humaine. Il reviendra notamment sur l’expérience de la radio suisse Couleur 3, illustrant pourquoi la responsabilité éditoriale et légale doit impérativement rester humaine.

« L’IA ne doit pas être vue comme un outil d’importation occidentale, mais comme une opportunité de mieux servir les auditeurs locaux en transformant la voix en texte et le bruit en son cristallin », souligne Mawuéna Abotchi le secrétaire permanent du FOMECAF, organisateur de l’évènement.

Au programme non exhaustif : Des solutions concrètes pour le terrain
Le webinar sera rythmé par des cas pratiques adaptés aux réalités des radios africaines :

Transcription : Pour transformer les émissions en articles web ou archiver le patrimoine oral sans saisie manuelle fastidieuse.

Élaboration des nouvelles locales : L’IA comme assistant pour structurer les brèves de proximité et hiérarchiser l’information collectée sur le terrain.

Aide technique sur les pannes : Utiliser des modèles d’IA pour diagnostiquer des problèmes matériels (émetteurs, consoles) quand l’ingénieur n’est pas sur place.

Traduction : Passer du français aux langues nationales/locales pour renforcer l’ancrage communautaire de la station.

Informations pratiques
Date : Vendredi 13 février 2026
Heure : 14h00 GMT
Lieu : En ligne (Webinar)
Inscription gratuite : https://bit.ly/4rKu5UF

Contact Presse : FOMECAF Mawuéna Abotchi, Secrétaire permanent fomecaf@gmail.com
WhatsApp : +228 92 48 20 78

Le rayonnement de Médias Ébène s’articule autour de deux piliers stratégiques :

  • La formation : À l’image de notre récent séminaire national à Abidjan (Côte d’Ivoire), nous renforçons les compétences des acteurs de la communication.
  • L’appui technique et logistique : Nous soutenons les radios confessionnelles d’Afrique francophone par l’envoi de matériel spécialisé.

Fin 2025, un conteneur chargé d’équipements studio et FM a été réceptionné à Lomé. Dans la foulée, nos équipes ont sillonné le nord du Togo pour accompagner quatre radios partenaires de la FOMECAF. Découvrez en images notre première étape à la Radio Missionnaire de Kara.